La moisissure
La chose la plus dure que j'ai eu à faire recemment, c'est de me rendre compte que j'utilisais mon passé comme un endroit confortable. Toute les mauvaise chose qui me sont arrivé sont une sorte de safe space, ou je peux m'installer confortablement en laissant de coté toute les critique que j'aurais pu me faire en temps normal.
La vérité est qu'il est dur d'ignorer mes défauts, ils hurlent aussitot qu'on essaye de les ignorer. J'ai toujours été une créature violente, dans mon amour, ma passion, ma haine. Mais j'ai été blessé dans le passé, donc tout est oubliable, hm ? C'est dur de se rendre compte qu'on est une mauvaise personne. Il n'y a pas d'excuse à ça, des raisons peut etre, mais aucune excuse. On est juste mauvais. Profondemennt.
Je m'en suis rendue compte il y a quelque année, alors que je fulminait en allant en cours, je ne sais plus ce qui m'a mise en colère, mais je me souvient passer à coté du local à poubelle, et voir les choses que les gens avaient laissé derrière. Une dinette en bois, une chaise. Je me suis arreté un instant.
Récemment, je suis devenue absolument fasciné par la moisissure, la décrépitude et la pourriture. Si c’est d’habitude quelque chose qui me dégoute -et à raison ; je crois que j'ai fini par m'y habituer. Pour dire, j’ai eu toutes les occasions pour finir par m’attacher à ma colocataire. Cela fait 2 ans que j’habite un appartement qui pourrit, envahie par un dégât des eaux depuis quelques temps, tout l’appartement s’effrite. J'ai l'impression de vivre dans mon petit enfer personnel, et si les spores ne m'attaquent pas directement, je ne peux l’affirmer pour mes affaires. Tout ce qui ne bouge pas, finit par moisir. Mes peluches, vêtements, livres. Rien n'y échappe, alors on déplace tout constamment, c'est une grande balade.
Je peux mettre un visage, ou du moins une apparence sur cette malédiction, car tout en centralisé autour d'un placard.
Celui de la chambre, vissé au mur depuis qu'on est arrivé, là tout a commencé. Un espace de quelques centimètres, dont nous avons scellé l’entrée à l’aide de notre sapin de noël, présent au garde à vous depuis une grosse poignée de mois. Ce placard, si on ne l’utilise pas depuis longtemps, enchainé à nous par le biais de notre bail, il est toujours là, à cracher sa moisissure dans l’appartement. Dans notre grande malchance, nous avons oublié un cadre dans ce meuble, un cadre en bois, tout neuf, dont le but principal était de présenter une petite affiche en papier que l'on avait acheté à un artiste indépendant. L’occasion ne s’est jamais présenté.
Alors il est là, depuis des semaines, des mois peut être, oublié dans ce placard. J'ai récemment ouvert ce placard. Le cadre n'avait pas bougé, mais était maintenant couvert d'une couche de plusieurs centimètres de cette moisissure verte et orange. Elle avait recouvert le bois, mais rien d'autre, ni le placard en lui-même, ni la boite en plastique sur lequel il était posé et encore moins l'affiche en papier qu'elle contenait. C'est comme si dans son grand œuvre, la pourriture avait évité l'art. Lorsque je l'ai trouvé, la poésie de la chose m'étais bien loin, écrasé par l'horreur de ma découverte.
Je pense que ma fascination pour la moisissure vient de là. De ce placard, qui me nargue comme une créature dans le coin de mon œil.
Images de moisissure
Il est ainsi naturel, que lorsque j’ai du faire le design d’un perso pour mo JDR, une vampire ayant passé plus de 70 ans sous terre, à moitié immobilisé, l’idée de cette moisissure m’est apparue. J'ai beaucoup réfléchi à ce que le temps fait sur la chaire, et certes, la sienne est immortelle, mais l'immobilisation est le temps, est-ce que ce n'est pas plus fort que l'immortalité ?
Est-ce qu'un corps immortel n'est pas aussi affecté par le temps, s'il pousse sa propre chaire à sa limite ?
Et si oui, ou est-ce que cette limite se situe ?
Le système et la vision d'une telle créature est assez fascinante, et ne peut être résumé qu'en un mot que j'aime beaucoup "rot". C'est un de ces mots qui ne se traduit pas bien, parce que pourriture est associé a la nourriture, moisissure aux surfaces, mais Rot, c'est plus un état qu'autre chose. Ce n'est pas juste la rouille ou la chaire, c'est tout. C'est un mot virulent, et c'est la finalité de beaucoup de choses.
Du coup j'ai pas mal étudié la moisissure, et je trouve les couleurs absolument magnifique.
Je me suis grandement inspirée des Moldy Makeup, c'était vraiment une trend à un moment et j'aimerai vraiment avoir le talent artistique pour réussir à le faire.
Alienor de Brissay, est ainsi née, une Nosferatu immobilisé depuis longtemps, obligé à ne pas bouger pendant des années pour garder son Energie, cohabitant avec cette moisissure qui la dévore. La représentation de la moisissure sur sa chaire n’est pas celle associé à la chaire, mais c’est parce que ce n’est pas sa propre chaire qui moisie, c’est l’environnement autour, c’est les champignons qui se posent sur elle, elle n’est pas la source de la pourriture elle en est un réceptacle.